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19/03/2014

La crise ukrainienne : le dessous des cartes

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Le référendum en Crimée n’a fait que confirmer ce que l’on savait : une écrasante majorité de la population souhaite le retour à la Russie.

Le référendum en Crimée n’a fait que confirmer ce que l’on savait déjà : une écrasante majorité de la population de cette région souhaite le retour à la Russie.

Les raisons qu’évoquent la France et ses alliés pour condamner cette expression de « vox populi » font sourire. Les capitales occidentales se retranchent derrière un argument purement juridique et hautement contestable : le référendum en Crimée ne serait pas conforme au droit international. Mais la France a-t-elle respecté le droit international en bombardant un pays souverain – la Libye – avec, comme conséquence, l’installation dans ce pays d’un régime islamiste ou en fournissant des armes aux rebelles syriens – avec, comme conséquence prévisible, l’instauration d’un régime islamiste en Syrie ?

Il suffit de regarder la carte pour saisir l’intérêt stratégique que représente la Crimée pour la Russie : l’accès à la Méditerranée. La Russie a toujours considéré l’accès aux « mers chaudes » comme un élément capital de sa sécurité et de sa présence sur la scène internationale. Aucun homme politique sain d’esprit et a fortiori aucun gouvernement n’auraient pu croire un seul instant que M. Poutine allait se résigner à ce que la base navale de Sébastopol se retrouve en plein milieu d’un pays pro-occidental et hostile à la Russie…

Du point de vue de l’intérêt national de la Russie, la perte de la Crimée serait une faute politique impardonnable. Le président Poutine en est conscient, de même qu’il sait que sa politique actuelle vis-à-vis de l’Ukraine augmente sa popularité en Russie. Dans un sondage publié récemment par l’institut WCIOM, 68 % des Russes considèrent que M. Poutine est un bon président. De quoi faire rougir d’envie François Hollande !

Il était donc logique, inévitable et parfaitement prévisible que la Russie pousse la Crimée vers la sécession, ce qui s’est révélé très facile pour Moscou car les habitants de la Crimée eux-mêmes le souhaitent. La partie était jouée d’avance et la sécession de la Crimée était inévitable.

Les vrais enjeux sont ailleurs : Moscou va-t-elle chercher, en s’inspirant du scénario « criméen », à détacher de l’Ukraine ses provinces orientales, également russophiles, dans lesquelles est concentré l’essentiel de l’industrie ukrainienne ? Le manque de frontières naturelles entre la Russie et l’Ukraine, les moyens de pression considérables dont dispose la Russie vis-à-vis de l’ex-république soviétique d’Ukraine (pressions énergétiques, commerciales et militaires) et enfin l’incapacité de l’Union européenne de parler d’une seule voix laissent penser que le sort de l’Ukraine est durablement lié à celui de la Russie et que la seule chance pour le gouvernement de Kiev d’éviter le démembrement du pays réside dans le dialogue avec Moscou et non pas dans le soutien de l’Union européenne et des États-Unis. Une chose est sûre : personne en Europe ni en Amérique ne voudra mourir pour Kiev.

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07:49 Écrit par Jean Paul dans Actualités | Lien permanent